Géographie 2.0

Tous géographes ! (Cybergeo)


On trouve aujourd’hui sur Cybergeo un billet éditorial qui traite de nos thématiques. Nous n’avons pas spécialement le temps de revenir dessus pour cause de préparation de soutenance, mais le texte de Denise Pumain reprend en 1 page les principales réflexions  soulevées par un cyberespace de plus en plus géographique.

 

1. Ce n’est pas pour nous vanter, mais l’intelligence ambiante déborde toujours plus de géographie. L’environnement s’emplit de capteurs qui localisent à tout va les promesses de production agricole aussi bien que les émissions de polluants. Nos désormais indispensables compagnons de mobilité informent des quantités insoupçonnées de nouveaux prestataires de services de nos moindres déplacements. Trouver un restaurant dans le voisinage, localiser les amis qui circulent, partager les informations qu’ils reçoivent de leur côté, apprendre les horaires des cinémas ou des trains les plus proches deviennent des jeux d’enfants. Des milliers de géographes bénévoles produisent déjà avec leurs GPS des cartographies (presque complètes) de nos réseaux routiers, construisent avec leurs photographies des banques de paysages en 3D, améliorent les prévisions locales de la météo, ou aident à retrouver des objets volontairement égarés au cours de joyeuses parties de cache-tampon. On s’interroge : cette ubiquité de la localisation va-t-elle améliorer nos représentations de l’espace ou bien au contraire réduire nos capacités cognitives en matière de lecture des cartes et d’orientation sur le terrain ?

2. Des géomaticiens proposent d’appeler « néogéographie » ces pratiques et ces usages nés de l’explosion des technologies numériques appliquées à l’information géolocalisée, ou aux données géospatiales. Les redondances dans la construction des termes suggèrent déjà une accumulation, confirmée par l’abondance des expressions proposées en anglais, du « cybermapping » au « where2.0 », en passant par les « locative media » et « webmapping ». Mais la réalité de la science se trouve-t-elle augmentée de ces virtualités nouvelles? D’autres géographes refusent une terminologie qui réduirait par trop l’ambition scientifique de la géographie. Et la généralisation de la « géosurveillance » ou de la « traçabilité » passive posent des problèmes règlementaires et éthiques encore très débattus.

3. Ne négligeons pas cet engouement du public pour la consommation de certains de nos objets favoris, sachons aussi pousser nos étudiants à imaginer les services et les produits utiles qui participeront au développement de leurs métiers. Soyons attentifs à ne pas manquer le rendez-vous historique avec cette technicité, à faire ouvrir des accès à des données parfois trop confisquées par les nouveaux opérateurs. Et continuons à produire les instruments d’analyse qui savent extraire du sens à partir de ces « géographies » nouvellement répandues mais pas toujours assez partagées !

Source : Cybergeo

Denise Pumain, « Tous géographes ! », Cybergeo : European Journal of Geography, Editoriaux, mis en ligne le 01 décembre 2010, modifié le 01 décembre 2010. URL : http://cybergeo.revues.org/index23380.html.

1 décembre 2010 - Posted by | Cartographie, Cyberespace, Géographie, Neogeography, Web 2.0

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