Géographie 2.0

À quoi sert la néogéographie (Partie 3 : réagir)


À quoi sert la néogéographie (Partie 3 : réagir)

La libéralisation des représentations de notre planète additionnée à la multiplication des services de cartographie transforment petit à petit l’univers de la cartographie en un média ultra réactif. Alors que durant des centaines d’années le délai de production d’une carte était long et complexe, aujourd’hui quelques minutes suffisent à créer, diffuser, partager ou améliorer une représentation graphique de l’espace.

Cette dynamique inédite pour le monde de la cartographie s’illustre pleinement lors d’événements extraordinaires le plus souvent à caractères catastrophiques. Ainsi il aura fallu seulement quelques heures pour voir apparaître différentes cartes relatives au crash du vol Rio – Paris AF-447. Mais l’exemple le plus remarquable fit suite au tremblement de terre qui ébranla Haïti en janvier 2010. En quelques heures la communauté de « cartographe du web » et les leaders du marché se sont activés. Rapidement Google a été en mesure de fournir des vues satellites datées de 24 heures après la catastrophe. Les jours suivants différentes prises de vue sont venues compléter l’offre et ont permis aux premiers services de secours d’exploiter « cartographiquement » ces données.

Capture d’écran de Google Maps, Palais présidentiel Port-au-Prince, 24h après le tremblement de terre

Mais le phénomène le plus notable de réactivité est à mettre au profit du service OpenStreetMap[1]. Dans le cas de la catastrophe d’Haïti, les responsables d’OpenStreetMap ont lancé un appel à leur communauté afin de mettre à jour rapidement la cartographie de Port-au-Prince. En 48 heures des centaines de modifications ont été faites et ont permis la réalisation d’une cartographie remarquable et extrêmement bien détaillée. Ainsi l’action collective des cartographes amateurs et professionnels s’est transformée en un outil d’aide indispensable à l’organisation cohérente des secours. Le fruit de ce travail est parfaitement visible si on compare une capture d’écran d’OpenStreetMap avant et après la catastrophe.

Capture d’écran d’OpenStreetMap sur la ville de Port-au-Prince avant et après le tremblement de terre.

Source : http://www.ecrans.fr/Haiti-Mobilisation-autour-d-une,8961.html.

L’exemple de cette catastrophe est donc riche en enseignements. Tout d’abord il confirme la grande réactivité qui caractérise cet univers de la néogéographie, mais il est surtout révélateur du désir et de la puissance collective s’exprimant par le prisme de la cartographie et donc de la géographie. La néogéographie permet donc l’élargissement des usages de notre discipline.

PS : Depuis peu il existe un service web (3D UDOP) dont l’objectif est de capitaliser les informations cartographiques liées à une catastrophe afin de faciliter l’action collective.Source

Editor’s Note: Today’s guest author is A.J. Clark, President of Thermopylae Sciences and Technology, which helps developers build new applications with the Google Earth browser plug-in on Google Earth Enterprise through the iSpatial framework. A.J. works on the visualization, analysis, and dissemination of disaster/post-conflict data with a focus on emerging technologies that support participatory, collaborative approaches to spatial content creation and infrastructure development.

À quoi sert la néogéographie (introduction)
À quoi sert la néogéographie (Partie 1 : Annoter et géolocaliser)
À quoi sert la néogéographie (Partie 2 : créer et diffuser des cartes)

[1] « Openstreetmap est un projet destiné à réaliser une carte du monde, sous licence dite “libre”. Cela signifie, dans notre cas, que tout le monde est libre d’utiliser, d’améliorer, de distribuer ou d’effectuer des travaux dérivés à partir de nos cartes, donnant ainsi une liberté bien plus grande que les solutions déjà existantes, telles Google Maps. », Consulté le 28/01/2010, http://www.openstreetmap.fr/

8 avril 2010 - Posted by | Cartographie, Cyberespace, Géographie, Neogeography, Web 2.0

Un commentaire »

  1. Cette réactivité de la communauté de cartographes lors de la catastrophe d’Haïti est bien illustrée dans cette vidéo de T. Berners-Lee:

    Commentaire par Jean-Christophe Plantin | 3 juin 2010 | Réponse


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