Géographie 2.0

« A quoi sert la géographie ? »

Nous vous invitons à suivre cet évènement, au titre évocateur, qui aura lieu le 4 février 2010 à l’ENS LSH de Lyon

La revue Tracés présente la quatrième journée du cycle « A quoi servent les sciences humaines? », qui sera consacrée aux usages publics de la géographie et de l’urbanisme. Les interventions de cette journée seront publiées, avec celles de la journée précédente (« Sciences sociales et monde de l’entreprise »), dans le hors série « A quoi servent les sciences humaines (II) », qui sortira en Novembre 2010.

A QUOI SERT LA GEOGRAPHIE ?

L’approche spatiale comme moyen de compréhension et d’action sur les sociétés

Cycle de conférences « A quoi servent les sciences humaines ? », revue Tracés

Ecole normale supérieure de Lyon (site Descartes), jeudi 4 février 2010 (9h30 – 18h30)

La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre.

Yves Lacoste, 1976

La géographie ne sert-elle qu’à faire la guerre ?

A la question « A quoi sert la géographie ? », il est tentant de répondre, à la suite d’Yves Lacoste : « d’abord, à faire la guerre ». Par cette formule provocatrice prononcée alors que la géographie est plongée dans une crise identitaire sans précédent au cours de laquelle seront redéfinis ses objets, ses méthodes et surtout ses finalités, le géographe entend mettre l’accent sur les dimensions politique et pratique de sa discipline que la tradition vidalienne a choisi d’occulter. Ce brouillage est d’autant plus surprenant que l’œuvre de refondation de la discipline entamée par Vidal de La Blache à la fin du XIXe siècle s’inscrit dans un contexte intellectuel et social très particulier, certes celui de la redéfinition des champs académiques dans l’horizon du positivisme, mais également celui de la préparation de la revanche contre l’Allemagne et de la construction intellectuelle et symbolique de la IIIe République. Ainsi la géographie est-elle mobilisée pour donner cohérence et consistance à un territoire meurtri dont il s’agit de reconstituer l’intégrité : Le tour de France de deux enfants de Giordano Bruno et le Tableau de la géographie de la France de Paul Vidal de La Blache (prélude à la monumentale Histoire de France des origines à la Révolution de Lavisse) ont un même objectif, exalter le sentiment d’appartenance envers un territoire enfin donné à voir sous ses meilleurs aspect. Ce coup de force – qui privilégie la dimension spéculative de la géographie au détriment de son utilité pratique – est d’autant plus surprenant qu’il va à l’encontre des traditions épistémologiques qui ont précédé la géographie vidalienne. La géographie coloniale par exemple, tournée vers la connaissance des populations à coloniser, a fourni les prémices des réflexions sur l’aménagement du territoire. Bien plus, en dépit de leur étonnante neutralité académique, les disciples de Vidal mettent leur savoir au service de l’État. Après la mort de Vidal qui survient en 1918, c’est son gendre Emmanuel de Martonne, chef de file de l’École française de géographie, qui œuvre au tracé des frontières d’Europe centrale à la Conférence de Versailles.

Ce paradoxe est au cœur de la réflexion d’Yves Lacoste : apparemment dépolitisée (quoi de plus rébarbatif que la nomenclature des préfectures ?), la géographe est au contraire un outil de domination aux mains des militaires, mais surtout des puissants de toute nature (notamment ceux qui détiennent le pouvoir économique) qui le confisquent. Il met donc l’accent, sur la nature hautement stratégique du savoir géographique, surtout s’il est dépouillé de ses oripeaux académiques. Cette brèche, ouverte avec fracas par des intellectuels engagés à gauche dans les années 1960 et 1970 se retrouve au cœur de la réflexion théorique.

Les usages de la géographie sont au fondement du questionnement disciplinaire.

Ce mouvement d’introspection critique entamé lors de la crise d’identité que traverse la géographie de la fin des années 1960 au début des années 1980 pose la question de l’utilité sociale de la discipline et fait ressurgir les paradoxes et les apories d’un paradigme qui s’est construit pour répondre aux ambitions nationales de la Troisième République : dans le contexte des décolonisations et de la Guerre froide, soutenir la construction idéologique nationale ne peut plus être le seul objectif de la discipline. Cet effort s’est fait au détriment de son efficience immédiate. Pire : l’institutionnalisation de la discipline et la consolidation de sa position académique s’est faite au détriment de ses courants tournés vers l’action. La géographie académique a gagné en prestige ce qu’elle a perdu en utilité auprès des milieux économiques.

C’est précisément cette inadéquation entre la demande sociale et l’offre académique qu’ont pointée les rénovateurs de la discipline géographique. La diversité des réponses proposées a permis de faire évoluer les questionnements de la discipline, de renouveler son objet et de moderniser ses outils théoriques. Ainsi Michel Phlipponeau promeut-il la « géographie appliquée », c’est-à-dire une géographie exclusivement tournée vers l’aménagement des territoires et l’intervention sur ceux-ci. Les débats passionnés qui suivent cette proposition (et toujours pas cicatrisés à la fin des années 1990) soulignent la difficulté de la discipline à penser son rapport avec le politique et les décideurs.

Alors que le projet de la géographie académique aboutit à la description encyclopédique du monde, se développe dès le début du XXème siècle – sur ses marges et en périphérie de l’institution – un champ du savoir autonome, celui de l’urbanisme et de l’aménagement – à visée opérationnelle. Quand la géographie s’arc-boute sur sa méthode, le champ de l’urbanisme se concentre sur un objet, la ville, et réunit pour ce faire des spécialistes issus de diverses disciplines comme la géographie, la sociologie, l’anthropologie, le droit, ou encore l’économie. Ce courant opérationnel bénéficie de la forte demande sociale et politique, notamment après la Seconde Guerre mondiale, dans la France de la reconstruction puis des Trente Glorieuses, caractérisée par une forte croissance des villes et la modernisation des infrastructures entre autres. Si l’urbanisme s’institutionnalise au cours du siècle, il ne donne pourtant pas lieu à la création d’une profession (« l’urbaniste ») : c’est l’appel aux compétences qui prime. Au final, ce n’est pas tant la science qui se met au service de l’action, mais plutôt l’action qui instrumentalise la science, les connaissances scientifiques, adoptant envers elles un rapport opportuniste.

La géographie est partout mais où est le géographe ?

La discipline contemporaine a pris le « tournant géographique » : en faisant du territoire un construit social et de la géographie la science qui étudie la dimension spatiale de la société, la discipline s’est dotée des outils intellectuels pour penser ses liens avec la société. Bien plus, le contexte intellectuel contemporain est favorable sinon à la géographie du moins à la prise en compte de la dimension spatiale de la société. L’essor des courants de pensée post-modernistes a en effet mis l’accent non plus sur l’idée de développement continu (rendant caduc certaines approches historiques) mais au contraire sur la fragmentation des sociétés, continuellement travaillées par l’altérité et par des trajectoires divergentes. Enfin, les bouleversements qui affectent le monde contemporain à toutes les échelles, depuis les processus d’urbanisation sans précédent jusqu’à la mondialisation, ont ainsi rendu populaires des représentations spatiales largement diffusées, depuis les cartes de Samuel Huntington du « choc des civilisations » ou les prévisions apocalyptiques liées au réchauffement climatique, jusqu’aux évolutions des centres de nos villes. Dans cette perspective, il est fécond d’interroger ce que la géographie peut offrir à la société pour l’aider à appréhender et représenter les évolutions qu’elle doit affronter.

A travers l’exemple de la géographie et de l’urbanisme, c’est la pertinence de l’opposition entre savoir et science telle que Michel Foucault l’a mise en valeur qui sera mise à l’épreuve. Au-delà du questionnement du projet géographique, ses outillages théoriques et méthodologiques, c’est la nature de la demande sociale qu’il convient d’interroger, afin d’étudier cette dernière avec les outils de la discipline. Les géographes ont-ils le monopole de l’espace et de son intelligence ?

Programme de la journée

La journée se déroulera dans l’amphithéâtre de l’Ecole normale supérieure de Lyon (site Descartes), 15 parvis Descartes, 69007 Lyon (M° Debourg).

9h30 – 10h : Ouverture de la journée

– Ouverture : Olivier Faron, directeur général de l’Ecole normale supérieure de Lyon

– Présentation de la journée : Yann Calbérac (Paris-Sorbonne), Aurélie Delage (IUL, Lyon 2)

10h – 11h15 : La géographie hors les murs

Si la géographie apporte des outils d’analyse et de compréhension des configurations contemporaines, il est normal de retrouver des géographes hors de l’institution académique et qui mettent leurs compétences disciplinaires au service d’intérêts extra-scientifiques. Cette table ronde permettra d’étudier l’implication et le rôle des géographes dans la cité.

– Paul-David Regnier, chargé de mission auprès du Directeur des Relations Internationales du groupe Total

– Anaïs Blanchard, chargée de mission défense, adjointe au Conseiller de défense de la Zone de Défense Ile-de-France dans le cadre de la lutte contre le bioterrorisme (DRASS Ile-de-France)

11h15 – 11h30 : pause café

11h30 – 12h45 : La figure de l’expert, dans « l’entre-deux » académique et professionnel

C’est la figure de l’expert qui sera interrogée dans cette table ronde réunissant des géographes devenus consultants ou chefs d’entreprise. Au-delà du statut de l’expert, c’est la circulation des savoirs entre l’Université et milieux professionnels qui sera envisagée tout en dépassant l’opposition entre un savoir académique « pour soi » et un savoir au service pur de l’aide à la décision.

– Martin Vanier, professeur à l’université Grenoble 1, consultant pour Acadie

– Marc-Jérôme Hassid, docteur en géographie, chef d’entreprise, Alternimpact

– Patrick Poncet, docteur en géographie, dirigeant des entreprises QualCity et MapsDesigners, président de l’association WhereSciences

12h45 – 14h30 : pause déjeuner

14h30 – 15h45 : La ville et l’urbaniste : la co-production des savoirs

Cette table ronde sera l’occasion de décentrer le regard à travers l’exemple des études urbaines : l’intégration de l’urbaniste aux affaires de la cité est au fondement-même de la discipline, et la cité est l’objet d’étude privilégié des urbanistes. Comment s’instaure une relation dialectique entre acteurs étudiants et étudiés ?

– Franck Scherrer, professeur à l’université Lyon 2, directeur de l’Institut d’Urbanisme de Lyon, président de l’APERAU

– Lucie Verchère-Tortel, Grand Lyon, chargée de mission « temps & services innovants »

15h45 – 16h : pause café

16h – 17h15 : La géographie sur la place publique

Penser la circulation des savoirs entre les mondes académique et extra-académique conduit à s’interroger sur les publics de la géographie, sa réception et plus largement la « demande sociale » qu’il formule. Cette dernière table ronde a pour objectif d’interroger les formes, les modalités et les lieux où prend corps cette demande sociale.

– Sylvain Kahn, enseignant à SciencesPo, producteur de l’émission Planète Terre sur France Culture

– Isabelle Lefort, professeur à l’université Lyon 2

– Thierry Joliveau, professeur à l’université Jean Monnet, Saint-Etienne.

17h30 – 18h30 : Conférence de clôture : « Ce que la géographie fait au(x) monde(s) »

Michel Lussault, professeur à l’ENS de Lyon, président de l’Université de Lyon

26 janvier 2010 Posted by | Cartographie, Conférence, Géographie, Usages | 5 commentaires

GeoInTalk 2010 le programme

Voici un bref résumé des interventions du GeoInTalk qui se déroulera le 1 février à Paris.  Cela semble tout à fait intéressant et préfigure des rencontres et des échanges passionnants. Cet évènement sera aussi l’occasion de rencontrer « IRL » les acteurs francophones du géoweb.

  • Franck Langevin (Mappy) – Réussir une intégration cartographique avec les APIs et SDKs Mappy
    Présentation et démonstration autour des nouvelles APIs Mappy.
  • Yann Letilly (Blog TransID / Canal TP) – Données transport public : état des lieux, perspectives?
    Présentation des données des transports publics avec des exemples d’utilisations.
    Etat des pratiques de mise à disposition de ces données dans différents pays (UK, USA, France )
  • Ludovic Privat (GPS Business News) – Émergence du tourisme mobile : enjeux et opportunités
    La généralisation des smartphones et autres terminaux GPS ainsi que l’apparition de plateformes de distribution numériques (app store) rend aujourd’hui possible la création et la vente de services capables d’améliorer l’expérience touristique: guides touristiques numériques, logiciels de cartographie et navigation, audio-guides, réalité augmentée, etc… Les acteurs de ce nouveau marche: producteurs de contenus, fabricants de terminaux, destinations touristiques (privées et publiques), ont en revanche des logiques économiques extrêmement diverses qui rend ce marché complexe.
  • Philippe Goudal (V-Trafic / Mediamobile) – Fourniture d’Information Trafic – Retours aux sources
    Du recueil des données brutes à la production d’Information Trafic fiable, la chaine de traitement et les mécanismes utilisés sont complexes. Au travers d’une démonstration temps réel, nous parcourrons les différentes catégories de données disponibles et détaillerons les règles d’affichage des dalles de trafic V-Trafic.com.
  • Luc Vaillancourt (Spatialytics) – Injection du géospatial au cœur même de la Business Intelligence
    L’univers du BI exige son propre environnement technologique, puisant des données des systèmes transactionnels / opérationnels de l’organisation afin de les rendre propices à l’exploration et l’analyse, qu’elles deviennent utiles aux analystes et décideurs. Le Géo-BI que propose Spatalytics enrichit toute la chaîne de traitement des données par la dimension géospatiale. Ce Géo-BI permet de prendre en charge la géométrie à même les cubes de données (SOLAP – Spatial Online Analytical Processing) permettant ainsi de rapides, puissantes et uniques requêtes spatiales et représentation cartographique.
  • Philippe Gargov (Groupe Chronos) – « Le pouls de la ville »
    Comment l’on passe, grâce à ce pouls de la ville (et aux services qui le composent), d’une logique de transport au paradigme des mobilités (sérendipité, services mobiles, etc.). Quels rôles les acteurs de la géolocalisation et les données (publiques, personnelles, exogènes, contributives) peuvent jouer dans ce « système nerveux » de l’individu mobile.
  • Gilles Poupardin (Sencities) – Fabien Cleenewerck (Artevia) KITSUN, Sencities et nouvelles approches de navigation dans les contenus urbains.
    Le projet KITSUN – Lauréat de l’AAP Proxima Mobile – est une boussole thématique pour trouver sa route dans le brouillard informationnel urbain, en proposant de nouveaux modes d’interaction et de navigation.
    Sencities est un guide urbain d’un nouveau genre qui suggère vos sorties en fonction de vos émotions.

20 janvier 2010 Posted by | Cartographie, Conférence, Cyberespace, Géographie, Neogeography, Téléphonie mobile, Usages, Web 2.0 | Laisser un commentaire

IGU Commission on the Geography of Global Information Society IGU Regional Conference, Tel Aviv, July 12-16, 2010

Nous avons l’immense plaisir de vous inviter à la Conférence Régionale de l’UGI 2010, tenue par la Commission Nationale Israélienne pour la Géographie, qui aura lieu à
Tel Aviv, du 12 au 16 juillet 2010.

Le thème central de la conférence est Concilier diversité et mondialisation.
Plusieurs orateurs importants interviendront lors des séances plénières. Les commissions de l’ UGI sont encouragées à intégrer leurs réunions au sein de la conférence.

Notre région offre aux visiteurs l’occasion de mieux connaître le dynamisme d’une économie méditerranéenne en pleine croissance qui s’efforce de faire coexister un développement généré par l’évolution des modes de vie avec des défis écologiques dans des environnements diversifiés, comprenant des régions arides.

De nombreuses excursions passionnantes sur le terrain seront organisées avant et après la conférence afin de vous permettre d’explorer la diversité exceptionnelle qui est le propre d’Israël.

Nousavons hâte de vous accueillir à Tel Aviv, “la ville qui ne dort jamais”!

Cordialement,
Le Comité de Pilotage

7 janvier 2010 Posted by | Conférence, Cyberespace, Géographie, Réseaux, Usages | Laisser un commentaire

Ville, informatique pervasive et nouveaux paysages numériques

Se tiendra, le vendredi 15 Janvier 2010, de 13h à 15h, dans le cadre du séminaire  » Pratiquer la transdisciplinarité dans la discipline : les sciences sociales au prisme des usages numériques  » organisé par le Centre Edgar-Morin, une communication intitulée :

VILLE, INFORMATIQUE PERVASIVE ET NOUVEAUX PAYSAGES NUMERIQUES

Nous ne pourrons malheureusement pas être sur place, mais on vous invite à suivre cette présentation.

Intervenants :
David BIHANIC (Université d’Auvergne)
Nicolas NOVA (LiftLab)
Salle 1, EHESS, 105 bd Raspail, Paris

Résumé : « La diffusion des techniques numériques (géolocalisation, terminaux mobiles, etc.) dans l’espace urbain offre un potentiel de recombinaison important. Eu égard à l’omniprésence des réseaux avec et sans-fil, l’informatique devient diffuse, pervasive. Elle gagne progressivement l’ensemble de nos espaces de vie : habitat, entreprise, quartier, ville et village. Autant d’environnements qui se transforment et trouvent ainsi d’autres valeurs, d’autres fonctions engageant alors d’autres usages. Deux questions principales feront l’objet d’un examen minutieux de la part de nos conférenciers : quelle relation nouvelle s’installe entre l’homme et son environnement ? Comment l’étude de ces changements nécessite une approche transdisciplinaire ?

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École des hautes études en sciences sociales

6 janvier 2010 Posted by | Conférence, Cyberespace, Géographie, Neogeography, Réseaux, Téléphonie mobile, Usages, Web 2.0 | Laisser un commentaire

Compte rendu : Les usages avancés du téléphone mobile

Cet ouvrage de la revue Réseaux[1], construit selon une compilation de plusieurs articles scientifiques fait la par belle aux usages avancés sur terminaux mobiles. Issue d’un projet collaboratif intitulé « Mobiles en ville »[2], l’ouvrage s’articule en six articles thématiques, deux varias et cinq notes de lecture. Il se veut être un éclairage sur « la dimension sociale et juridique du déploiement de ces services et technologies dans le milieu urbain. », dont la majorité des approches méthodologique s’axe sur des études « ethnographiques à grain très fin et capables de rendre compte d’activités accomplies dans des situations de mobilité. »

Cette approche offre un regard intéressant sur des usages trop peu étudiés pourtant au cœur des évolutions actuelles des technologies et du cyberespace. Leur consommation est en effet de plus en plus monade et trouve dans les terminaux mobiles un support technologique qui multiplie les usages.

Le premier article nous plonge directement dans un sujet primordial. A travers le suivit d’un projet publicitaire les auteurs interrogent plusieurs phénomènes, de la connexion entre un espace et ses usagers à la protection des géo-données en passant par le détournement commercial de ces mêmes géo-données. Sans entrer ici dans les détails, la réflexion sur ce projet qui vise à communiquer[3] du contenu publicitaire additionnel aux usagers du métro parisien, met en lumière le jeu d’acteur autour du déploiement de ces nouveaux services qui lient l’individu à son espace grâce à un téléphone portable. En effet les terminaux mobiles permettent désormais de créer et de partager des données géolocalisées et géolocalisables. Ce partage s’opère soit volontairement soit à l’insu de l’usager. La question est donc de savoir à qui appartiennent ces géo-données et de fait, doit on considérer les informations émises par un terminal mobile comme rattachable à une identité ?  La CNIL[4] réputée compétente dans ce domaine en France et donc consultée dans ce projet finira par statuer. Elle considére que l’adresse physique de l’interface et l’adresse Bluetooth sont des données personnelles et donc assujetties à une réglementation stricte. Au-delà des répercussions économiques pour l’initiateur du projet, ce premier article interpelle le lecteur sur des problématiques qui selon nous sont au centre de nombreux usages innovant du téléphone portable. Car l’accumulation et le détournement de géo-données et de géo-traces dépassent les seules problématiques publicitaires comme le souligne les auteurs : « Derrière la banalité relative du cas des affiches interactives Bluetooth se cache une tension profonde et plus générale entre deux constructions sociales et politiques des espaces publics urbains, exacerbée par explosion actuelle de l’informatique ubiquitaire. »

Par la suite, les articles délaissent cette problématisation conceptuelle pour interroger des comportements concrets liés à certains types de pratiques mobile.

Le premier d’entre eux se penche sur l’écoute de musique sur téléphone mobile. Entre « bulle intimiste » et multi activités, les utilisateurs développent une vigilance accrue pour la mobilité urbaine, s’illustrant par des « coups d’oreille », à l’image du coup d’œil qui analyse l’espace environnant. L’écoute de musique leur permet « de réaliser de pleines expériences urbaines » qui les engagent différemment dans l’espace urbain, on s’éloigne alors de l’image d’isolement que peut renvoyer ce type d’usagers.

L’article qui suit revient également sur le caractère de multi activité. Il s’agit dans ce cas de regarder la télévision sur un téléphone portable (TMP). Cette activité a cela de différent avec la précédente, qu’elle est fortement tributaire de la disponibilité des réseaux. L’auteur dégage par exemple une corrélation d’usage entre la surface et les tunnels, entre ombre et lumière.

La télévision sur mobile est aussi la thématique centrale du quatrième article. L’approche est cette fois plus sociales et interrogent les usages selon les PCS. En effet la télévision mobile est l’une des rares activités sur mobile à se démarquer de l’usager avancé souvent jeune et d’une PCS supérieure. De plus la TMP ne se limite pas à « des usages personnels en situation de mobilité mais comprend aussi des usages collectifs et des usages dans des lieux postés comme le domicile ou le travail ». L’auteur insiste sur un usage plus de nomadisme que de mobilité pure.

Le texte suivant abandonne la télévision mais reste dans une thématique liée à la vidéo. Ce dernier se focalise alors sur la vidéo amateur mobile. Elle se différencie avec la vidéo amateur historique (caméscope) par les intentions d’usages. Alors que la capture vidéo par caméscope signifiait une préparation préalable, la vidéo amateur est nettement plus spontanée et ne répond pas à une intention préalable de filmer. De plus cette capture plus émotive que réfléchit est souvent exécutée dans le but d’être par la suite partagée avec une ou plusieurs personnes : « l’acte de filmer devient un acte de communication centré sur l’émotion ». Il aurait été intéressant, comme le souligne l’auteur, d’élargir cette étude sur l’utilisation des plateformes web de partage de vidéo (YouTube[5], Dailymotion[6]) ou encore sur les pratiques de « journalisme amateur » et sans oublier les pratiques transgressives type « happy slapping ».

Le dernier article explore un usage encore confidentiel des terminaux mobiles à savoir la visiophonie mobile. Dépassant rarement les 2 à 3 % des utilisateurs (sauf Italie), ces usages sont classifiables d’après l’auteur en une typologie selon six points. Ces derniers s’articulant dans des lieux différents comme le domicile (30%) ou le travail (20%) pas nécessairement dans un contexte de mobilité.

Pour conclure nous aimerions revenir sur le coté explorateur de l’ouvrage. En effet à travers leurs choix les auteurs offrent aux lecteurs un regard révélateur du dynamise des usages sur terminaux mobiles. Le téléphone portable devient l’objet ultime qui permet de communiquer avec les autres mais aussi de plus en plus de communiquer avec son espace. Le téléphone mobile, de part sa connexion permanente au cyberespace, devient diffuseur de géo-données qui seront très certainement aux centres des problématiques futures. Enfin, les méthodologies utilisées comme par exemple le recours aux lunettes caméra sont tout à fait intéressantes et peuvent être une source d’inspiration pour d’autres études. Néanmoins il ne faut pas considérer les usages décrits ici comme un panel représentatif des usages mobiles. Nous aurions aimé une étude sur la consommation nomades des réseaux sociaux, sur le micro blogging (Twitter[7]) ou encore sur les applications de réalité augmentées. Notons également que l’aspect vidéo ludique est lui aussi absent, certainement un choix plus qu’un oubli vu la connaissance dans ce domaine de certains des auteurs. Enfin il aurait été tout à fait remarquable qu’un travail se penche sur le détournement méthodologique des téléphones portables. En effet ces terminaux sont d’extraordinaires outils pour le chercheur. Car ils permettent de récolter des géo-données d’une grande précision qui peuvent alors être un formidable complément quantitatif aux approches souvent exclusivement qualitatives.


[1] Licoppe C., Zouinar M., Éditeur scientifique (2009), « Les usages avancés du téléphone mobile », Revue Réseaux, Paris, La découverte, 296 p.

[2] Projet « mobiles en ville » labélisé par le pôle de compétitivité Cap Digital financé par la Région Ile-de-France, et mené conjointement par les chercheurs du laboratoire SENSE d’Orangelabs et du département de science économique et social de Telecom ParisTech.

[3] Par Bluetooth

[4] Commission nationale de l’informatique et des libertés

[5] http://www.youtube.com/

[6] http://www.dailymotion.com/

[7] http://twitter.com/

Résumé / Abstract

Le tournant de la mobilité se caractérise par le fait que nos déplacements ne se limitent pas à aller d’un point à un autre le plus vite possible, mais donnent lieu à des formes d’expériences originales qui tissent de manière différente mobilité, activité et sociabilité (ou communication). C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre le développement récent des réseaux mobiles à haut débit et des services mobiles multimédia, dont les usages transforment notre vie de tous les jours.
En effet, une des manières d’enrichir l’expérience de la mobilité et, plus largement, du quotidien consiste à donner accès à des contenus multimédia, sons, images, musiques, films, télévision, information, jeux vidéo, visiophonie, etc, selon des modalités configurées par des enjeux sociaux, économiques, juridiques autant que techniques. Au-delà des hypothèses et des projections souvent optimistes des études marketing, une bonne partie des pratiques culturelles mobiles correspondantes restent encore émergentes et mal connues.
Ce numéro vise à combler cette lacune. Il rassemble plusieurs études originales (et souvent les premières dans leur genre) par leur contenu et les méthodes employées, et qui portent sur les usages avancés des services mobiles multimédia, saisis dans leur rapport aux mobilités et aux environnements auxquels ils sont ajustés. Il concerne donc la manière dont on produit, consulte, visionne, partage des contenus audiovisuels sur des téléphones mobiles, sans négliger la dimension collective trop souvent occultée de ces usages: écoute de musique, consultation/consommation de contenus télévisuels, production et visionnage de vidéo, communication visiophonique. Il montre à quel point la compréhension des usages correspondants nécessite de dépasser les approches classiques sur les médias et leur réception, et d’intégrer une perspective plus écologique : les pratiques et les arbitrages entre différents types de pratiques culturelles sont étroitement articulés à des situations et des ressources présentes dans les environnements socialement construits et qui configurent en amont ces usages. Les différentes contributions cherchent donc à articuler goûts et préférences d’une part, circulations et mobilités de l’autre, en saisissant les usages comme des épreuves situées dans des écologies.

5 janvier 2010 Posted by | Cyberespace, Ouvrage, Photo, Téléphonie mobile, Twitter, Usages, Vidéo, Web 2.0 | Laisser un commentaire

GeoInTalk 2010 Inscriptions ouvertes

Tout est dans le titre :

GeoInTalk 2010 est la première rencontre gratuite consacrée aux domaines de la géolocalisation organisée par GeoInWeb qui aura lieu le 1er Février 2010 à partir de 18h30 à l’Espace Kiron situé 10 rue de la Vacquerie, 75011 Paris.

Cette conférence s’adresse aux acteurs et utilisateurs qui touchent de près ou de loin au monde de la géolocalisation : acteurs du marché, sociétés ou start-up ayant une composante cartographique, développeurs passionnés, product managers, etc…

La conférence sera rythmée par des sessions de 10 à 15 minutes, où des intervenants présenteront des innovations et/ou des technologies dans les domaines qui nous sont chers. Nous voulons vous proposer une conférence à l’image de GeoInWeb : riche en contenu, innovante et geek!

Ensuite le cocktail sera l’occasion de mélanger les saveurs et de permettre aux communautés présentes de se rencontrer et d’échanger. Ambiance informelle exigée!

Inscriptions

L’inscription est gratuite mais obligatoire (Nous avons une salle non extensible !).
50 places sont disponibles. Pour vous inscrire, complétez le formulaire à l’adresse suivante :

Formulaire d’inscription à GeoInTalk 2010

Un accusé de réception vous sera envoyé dans les deux jours.

Source : GeoInWeb

4 janvier 2010 Posted by | Cartographie, Cyberespace, Géographie, Neogeography, Web 2.0 | Laisser un commentaire

Cette année le père noël était un pirate

Voici venu l’heure de la création du nouveau blog géographie 2.0, qui de fait aurait pu s’intituler géographie 2.1 ! Comme certains d’entre vous le savent déjà ce changement de plateforme n’est pas délibéré. Il est tout simplement la conséquence directe d’un piratage, car cette année le père noël était un pirate.

Donc, en premier billet de ce nouveau blog, voici le récit des mes aventures de noël.

Tout débuta un soir de décembre 2009, pour être précis le mardi 15 décembre. Je finissais de rien faire devant un épisode « legendary » de How I Met Your Mother quand mon nouveau téléphone, un HTC Magic powored Android, m’interrompu avec un message d’erreur. Ce dernier me signifiait la perte de connexion avec le compte Google. En effet l’OS de Google pour téléphone portale est en permanente connexion avec un compte associé afin de synchroniser les mails, les contacts et l’agenda.

Surpris pas ce message je me dirige vers mon PC fixe et j’essaie de me connecter à mon compte Google. Après plusieurs échecs l’inquiétude grandit….tient c’est bizarre Google a planté… Je décide d’abandonner pour la soirée. Toutefois une heure plus tard dans une « montée paranoïaque », je me dis quand même ce n’est pas normal. Je multiplie les tentatives de connexion, qui toutes échouent lamentablement. Je me lance donc dans les procédures de récupération de mot de passe. A partir de ce moment je comprends que je suis victime de piratage. En effet l’adresse mail secondaire, celle sur laquelle est envoyé le nouveau MP, est une adresse *******@yahoo.fr. Et je n’ai jamais eu d’adresse Yahoo ! Il en est de même pour ma question secrète, le sportif préféré a laissé la place à je ne sais plus quelle question ! J’opte ensuite pour la procédure de compte compromis. Et là terrible désillusion, n’ayant pas accès au code d’identification fourni alors de l’inscription à gmail (vu que je n’ai pas imprimé ce mail) je me retrouve à devoir répondre à une série de questions relatives à mon compte. Il faut alors renseigner les cinq adresses mails les plus utilisées, les cinq libellés les plus utilisés, mais aussi le jour d’inscription à gmail, picasa, reader ou blogger… Autant dire des informations que mon cerveau n’a pas jugé importantes de retenir…préférant se souvenir des codes armes de GTA IV ! Google refuse donc de me donner accès au compte. C’est à partir de ce moment que je panique un peu….quelqu’un ou quelque chose a changé mon MP et a donc accès à tous mes mails, dont ceux d’inscriptions à des sites ! Car dans une grande sagesse je ne changeais pas les MP, préférant les stocker dans gmail ! Je m’empresse donc d’agir vite au plus urgent : l’argent ! Direction Ebay et Paypal, pour le premier je change MP et adresse mail, pour le second je préfère directement le supprimer car il est directement relié à mon compte en banque via un RIB. Suivent dans ma liste les sites sur lesquels ma CB est enregistrée, du PSN à Amazon en passant par Bwin je supprime à tout va ma carte. La première étape de mon périple s’arrête là.

Le lendemain matin mon premier reflexe sera d’appeler la banque pour faire opposition. Pour l’heure je suis relativement satisfait,  je n’ai pas perdu un euro dans l’histoire. Ce même matin je reçois sur une autre adresse, celle vers laquelle j’ai redirigé mon ebay, un mail d’ebay me signalant que quelqu’un essaie de récupérer mon MP.

Cher(ère) *******,

Nous avons bien reçu votre message nous demandant de vous aider à retrouver votre mot de passe eBay. Vous êtes la seule personne en mesure de suivre les différentes étapes nécessaires à la création d’un nouveau mot de passe.

Pour réinitialiser votre mot de passe et accéder à votre compte, procédez comme suit :

1. Cliquez sur le lien ci-dessous. Si le lien ne marche pas (ou que vous utilisez AOL), copiez-le dans la fenêtre de votre navigateur.
http://cgi1.ebay.fr/aw-cgi/pass/%245%24t7C0poO3%24qiedbzEHZSlukXiXEvtFF0a

Ce lien mène à une page vous permettant de changer de mot de passe.

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Origine de la demande :


Adresse IP : 41.201.36.43

Hôte FAI : 41.201.36.43

Merci,
eBay

Vous remarquerez qu’ebay donne l’adresse IP depuis laquelle à été faite cette demande. Un petit tour sur http://www.maxmind.com/ et grande surprise cette adresse (41.201.36.43) est à Constantine en Algérie ! (certainement un bot fantôme).

Premier bilan : plus d’adresse gmail, plus d’accès à blogger et à Google site et bien entendu plus d’accès à Google Reader, Agenda et compagnie…Mais il est l’heure d’aller travailler et d’aller transmettre son savoir en cours. Je délaisse donc mon adresse piratée et n’opère pas le basculement de certaines de mes identités en ligne : grossière erreur ! Car petit à petit je vais perdre le contrôle de Facebook, de Twitter et de Slideshare. Autrement dit c’est l’échec en ce mercredi soir de décembre, tout comme c’est l’échec pour Montpellier face à Bordeaux.

Durant les jours qui suivent, j’axe ma démarche sur la sécurisation de mes connexions. Car je n’ai aucune idée d’où vient le piratage. A-t-on snifé mon wifi, est-ce un trojan sur une de mes machines, est-ce une application installée sur Android ou encore un bot qui a trouvé mon MP (un six lettres) ?! Après plusieurs jours de scan intensif, d’envoi de mail à certains de mes contacts et d’échecs avec Google, je me décide à recréer une identité en ligne.

C’est parti pour un nouveau gmail, ben oui faut bien que mon téléphone serve à quelque chose !! A l’aube du sixième jour je commence petit à petit à diffuser ma nouvelle adresse. C’est à partir de ce moment que débute l’étape 3.

Je me décide à porter plainte pour piratage et usurpation d’identité en ligne ; on sait jamais il me faut un recours juridique. Cette démarche va s’avérer être pénible et révélatrice du manque de fonctionnaires ! A plusieurs reprises je vais échouer au commissariat central de Montpellier. Les agents de l’accueil me répétant : Ha mais là monsieur on a des problèmes d’effectif, c’est au moins 4 heures d’attente ! N’ayant pas assez de jeux sur mon téléphone portable je reporte mon action. Je parviendrai à porter plainte un matin à 7 h. L’agent de police qui prend la plainte m’écoute mais m’avoue être un peu dépassé par ce type de problème et doit me recontacter ultérieurement (à l’heure actuelle pas de nouvelle). Je retourne donc chez moi et me connecte à ma nouvelle adresse gmail. Ô grande surprise j’ai un mail de mon compte piraté ! Le pirate a vu circuler sur les listes mail ma nouvelle adresse et des messages dans lesquels je parle de ma mésaventure.

Je vais donc entamer le dialogue avec non pas le pirate mais un soit disant personnage qui achète et revend des comptes, sites et blogs… Je vous laisse apprécier le fil de la discussion avec ce personnage.

Le pirate en gras, Moi en italique

salut mr jeremie
il paré que c’est le votre . si tu le veux . je te le donne . avec la
somme que j’ais acheté
j’attend ta reponse  BIENTOT

Bonjour,
déjà comment avez vous eu cette adresse mail ?
Ensuite je ne comprends pas bien votre message.
Vous avez acheté mon compte et vous comptez me le revendre ?
Si c’est le cas quel moyen de paiement et pour quelle somme ?

oui monsieur jeremie
je lé achete il ya 2 jours . jé vu que il t’apartien
done moi mon argent  et je te le donne
moyen de paiment sur moneybockers ou bien western union
comme tu veux
le vendeur ma dis q’il s’appele jeremie valentin et q’il a besoin d’argent
donne moi le prix que tu peux achete avec . je veux tédé

Je vais réfléchir à votre proposition, cependant avant de vous répondre j’aimerais savoir comment vous avez eu cette adresse ?

je lé acheté
si tu veux pas .ben ton mieux .

Non mais je ne veux pas savoir comment t’as eu mon ancienne adresse, j’ai bien compris que tu l’avais acheté.
Mais comment t’as eut la nouvelle, celle sur laquelle tu m’écris en ce moment ? (
xxxx.xxxx@gmail.com)

Je l’ai trouvé dans la boîte de réception . avec ton nom ( jeremie
valentin) et tu dis que tu as perdu ton add . et quelle est piraté .
en adressent un group . et tu as mis ta nouvelle add . c’est ça
moi j’achete et je vendre des domain et les blog . les add . sites . ect
j’ai adressé a vous parce que il semble qu’il t’appartien  . et j’ai
trouvé des interessent pour tes blog .avec ce rank . avec ses service
qu’ils veux l’acheté
ben si tu le veux pas . DIS
je ne vole pas les compte . car je suis pas un pirateur
mode de paiment c’est moneybockers   ………… 300 euro
j’attend la reponse et ne fait pas de retard

Ok merci pour ta réponse, je te tiens au courant dans la journée de demain

demain  bonne nuit

salut  . je suis connecté
quend tu coonect . contact moi
je t’attend

Bonjour,
Pour l’heure je ne peux pas réunir 300 euros, je dois voir mes possibilités. Je risque de ne pas être disponible les prochains jours car c’est noël. Je te tiens informé.

saut
combien tu as aujourd’hui ? je peux te donné le compte et j’attend
reponce


Vous l’avez compris cette personne me proposait tout simplement de me revendre le compte ! Telle une philosophie à la Jack Bauer « je ne négocie pas avec les terroristes », il était hors de question que je paye. Car pendant cette discussion j’ai pris contact avec les autorités compétentes : Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l’Information et de la Communication (OCLCTIC). Un agent m’a alors conseillé et m’a donné la démarche à suivre : imprimer la discussion et la clé gmail des messages. Une sorte d’identifiant unique à chaque message :

(MessageID:d0efcf940912220920k2dbb5d5ft51e61336eef16a47@mail.gmail.com)

Le tout doit compléter mon dossier au commissariat de Montpellier, dans lequel j’allais échouer encore une fois face à la file d’attente ! L’agent de l’OCLCTIC m’informa aussi qu’il devrait être capable de récupérer le contenu du compte et de le faire fermer, quant à l’hypothétique interpellation du pirate, s’il réside à l’étranger il faut une dérogation internationale que je n’obtiendrai pas. Ceci signe la fin de la troisième étape.

Je n’aurai plus de contact avec le pirate recéleur. Quelques jours plus tard il poste directement un message sur mon blog : Blog à vendre 400€ ! Je ne m’inquiète pas plus qu’il faut, pensant que personne va vouloir acheter un tel blog. Et je repousse, malgré les conseils d’Etienne, l’aspiration de mon blog : Echec ! Deux jours plus tard mon compte à été vendu ! Géographie 2.0 est désormais RADIS, vitrine publicitaire d’une société suisse allemande de déménagement. Je contacte immédiatement le nouveau propriétaire. S’en suit un échange de mail en allemand (merci Google traduction), dans lesquels j’expose à cette personne ma situation. Je ne posterai pas la discussion avec cette personne par respect, mais il me transmet les coordonnées du vendeur (Algérien) que je dois transmettre à mon dossier (adresse, numéro de téléphone et ID Western union). Je lui demande ensuite qu’il m’envoie par mail la liste de mes contacts et une copie de tous mes mails. A ma grande surprise il m’enverra le lendemain matin le nouveau MP du compte piraté ! Je m’empresse de faire des sauvegardes et je récupère l’accès à Facebook, Twitter et Slideshare. La vie étant injuste je décide de supprimer le compte Google. Je préviens par mail l’acheteur suisse allemand et j’attends quelques heures avant d’agir. N’ayant aucune réponse je supprime tout….

Voila, nous sommes le 2 janvier 2010 et mon histoire touche à sa fin. Au final je récupère l’accès à tous mes profils en ligne, à tous mes contacts et à tous mes mails, seul mon blog et mon site sont perdus. Deux ans de travail liés à mes thématiques de thèse se sont évaporés dans le cyberespace. Je ressens un certain fatalisme car j’ai fait de nombreuses erreurs et je sais maintenant que nos identités en ligne sont éphémères et qu’elles sont vouées à être renouvelée plusieurs fois dans une vie.

Pour conclure je voudrais remercier l’acheteur suisse allemand qui a perdu de l’argent mais qui a été honnête avec moi. Je remercie aussi toutes les personnes qui m’ont apporté leur soutient et qui ont essayé de poster un commentaire sur le blog alors qu’il était en vente. Par contre il m’est difficile de remercier Facebook et Twitter pour leur procédure de lutte contre l’usurpation d’identité. Et il va carrément être difficile de rester poli envers ces ***** ***** de Google, qui ont absolument rien fait pour m’aider ! Alors c’est bien beau d’être les maitres du monde, d’innover à tout va pour attirer des clients mais il faut aussi s’occuper des personnes qui sont déjà clientes !!! Aucune adresse mail, aucune réponse sur le forum officiel, aucun numéro de téléphone, voilà comment Google s’occupe de vous si vous vous êtes fait pirater votre compte !

Voilà comment est né ce blog. J’espère en cette dernière année de thèse avoir du temps pour l’alimenter et je souhaite la bienvenue aux anciens et nouveaux lecteurs !

PS : j’ai les messages des personnes qui ont essayé d’acheter mon blog…….

3 janvier 2010 Posted by | Cyberespace, Géographie, Google, Web 2.0 | , , , | 21 commentaires