À quoi sert la néogéographie (Partie 2 : créer et diffuser des cartes)
À quoi sert la néogéographie (Partie 2 : créer et diffuser des cartes)
Il est naturellement impossible de présenter la totalité des outils et des solutions qui composent l’univers de la néogéographie. La mise en relief de quelques uns de ces outils devrait suffire à illustrer les différentes options de création qui s’offrent à l’individu.
La première des possibilités, très populaire consiste à utiliser les SDK et API des principaux globes virtuels du marché. Ainsi Google, Microsoft et l’IGN offrent différentes solutions web afin de créer des cartes. La qualité cartographique est en général corrélée au niveau de vulgarisation de l’outil ou de l’interface web. Par exemple My Maps de Google permet de créer et surtout d’exporter ses cartes, mais les options offertes sont très limitées.
Toutefois l’engomment autour de ces outils permet à des milliers d’amateurs de produire leur propre carte. Il suffit de se rendre sur Google Maps Mania pour découvrir des centaines de cartes plus ou moins amateurs.
En dehors de ces possibilités il existe un autre type d’outil (souvent en ligne) dont l’objectif est de faciliter la représentation cartographique des données. Voici deux de ces services web.
Dans le cadre de l’United Nations Association (UNA) de Norvège, Bjørn Sandvik a mis au point un outil thématique (Thematic Mapping Engine) permettant de visualiser diverses statistiques via Google Earth. Cet outil, qui propose une vingtaine d’indicateurs, tous paramétrables selon quelques options essentiellement de visualisation et temporalité, permet in fine d’obtenir soit une visualisation directement sur le site internet, soit la création d’un fichier .kml, qu’il suffira d’importer comme sous-couche dans Google Earth.
ManyEyes est une solution initiée par le groupe de recherche d’IBM : Collaborative User Experience.Ce laboratoire créé en 2004 par Martin Wattenberg est animé par le désir de transformer les chiffres en images. Il s’agit là d’un outil hautement plus complet car le portail web fait office de base de données communautaire. Chaque utilisateur peut s’il le souhaite importer et partager ses propres données statistiques, afin d’alimenter une source commune de plus de 55000 séries statistiques. Après avoir importé ou choisi des données disponibles, le site nous propose pas moins d’une vingtaine de solution de la visualisation, allant du nuage de tag à la carte géographique en passant par les classiques histogrammes et autres diagrammes.
Ces deux outils, loin d’être les seuls, (depuis peu Google s’est lancé dans l’aventure avec Public Data Explorer) expriment parfaitement les nouvelles possibilités offertes aux individus. Les deux représentations présentes ici sont réalisables par tous en contrepartie d’une connaissance informatique relativement faible. N’est ce pas une extraordinaire preuve de la démocratisation du savoir, une chance pour la géographie de demain ? Bien sûr il ne s’agit pas de penser que tout individu deviendra un géographe, le taux de pénétration de ces outils est selon nous encore fortement limité, mais ils offrent un potentiel, une possibilité à qui veut s’exprimer par le prisme de la géographie. Même si c’est une fois dans sa vie et uniquement pour lui, l’individu a la possibilité de toucher à la production de représentations longtemps réservées à une élite jalouse de ce pouvoir.
Parallèlement ces outils de création et de diffusion de savoir géographique multiplient les données accessibles depuis le cyberespace. Ce phénomène pose la question du tri et de la validité des ces informations. Comment éviter la diffusion de représentations erronées ? Comment échapper à la diffusion de contenu mensonger ? En réalité il est quasiment impossible d’espérer pouvoir contrôler ce flux d’information géographique. La meilleure stratégie reste, selon nous, d’enseigner que la maîtrise d’une discipline ne s’acquiert pas seulement au travers de la maîtrise de ses outils. Alors faut-il envisager de former à cette nouvelle donne scientifique ? Faut-il les sensibiliser aux productions géographiques amateurs ?
À quoi sert la néogéographie (introduction)
À quoi sert la néogéographie (Partie 1 : Annoter et géolocaliser)
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